Il faut bien avouer que lorsque l'on touche à Gainsbourg, je reste constamment très très sceptique.
Quand j'ai eu vent de cette tape par le, néanmoins excellent, beatmaker Saneyes, je me suis dit ça sent les vocals de Serge sur du beat hip-hop, rien de bien neuf sous le soleil (exactement...).
Et bien, que nenni, beaucoup de créativité, d'originalité, de soin apporté à cette tape et je dois dire que le résultat est très agréable malgré tout.
Les fans de la 1ère heure y trouveront certainement quelques sacrilèges dans l'oeuvre de l'homme à la tête de chou mais la manière dont tout ceci est revisité, et qui utilise la voix du Gainsbarre telle de multiples samples est plutôt bien vu.
C'est l'histoire, drôle et fantastique, de Serge Gainsbourg et de sa fameuse gueule. Où un petit garçon juif fanfaronne dans un Paris occupé par les Allemands ; où un jeune poète timide laisse sa peinture et sa chambre sous les toits pour éblouir les cabarets transformistes des swinging sixties. C'est une "vie héroïque" où les créatures de son esprit prennent corps à l'écran et sa verve se marie aux amours scandaleuses. De la est née une oeuvre subversive, avec en vedette, un citoyen fidèle et insoumis qui fera vibrer la planète entière.
Le teaser de Gainsbourg vient d'être lâché, et ça claque! Alors certes, il est sans aucun doute moins éloquent que les 10 minutes de filming projetées à Cannes qui valurent à Joann Sfar un tonnerre d'applaudissement, mais on est projeté en un claquement de doigts si facilement dans l'univers gainsbourien avec trois fois rien que c'en est tout aussi troublant: une musique, le nuage d'une cigarette et la silhouette d'Eric Elmosnino, dont la ressemblance intrigante nous laisse véritablement perplexe.
Alors si à la base, certains attendent, sceptiques, la sortie du film, du fait d'abord d'une réalisation commandée par un dessinateur de BD à partir de sa vision personnelle de l'homme qu'il a aimé, et d'une histoire qui repose sur le casting d'un comédien de théâtre choisi sans nul doute, quoi qu'en dise, principalement pour sa ressemblance déconcertante à l'homme d'Elisa, les images qu'on en voit m'ont en tout cas subjuguées.
Le souci du détail, la qualité du casting (Lucy Gordon, dont on saluera certainement la dernière prestation, calque parfaitement au rôle de Jane Birkin, Laetitia Casta, fabuleuse dans la peau de Brigitte Bardot...), la retranscription de l'univers... tout ça me donne en tout cas envie d'en voir plus!
Olivier Daviaud signe la musique de « Serge Gainsbourg : Vie Héroïque ». Compositeur, arrangeur pour des groupes musicaux et des artistes tels que Dionysos, Bénabar, Néry ou Découflé, c'est la première fois qu'il travaille sur la musique originale d'un long métrage. Sfar et Daviaud ont prit le parti de faire réinterprèter l'ensemble des musiques et des chansons de Gainsbourg que comporte le film. Les comédiens ont pris des cours de chant et la musique a été confiée à des artistes différents pour chacun des morceaux. Ainsi, Gonzales, Dionysos, Serge Teissot-Gay, Nosfell, Philippe Katerine, Angelo Debarre et bien d'autres se sont approprié les musiques du maître. Pour certaines compositions, Olivier Daviaud a également fait appel à un orchestre symphonique de plus de soixante musiciens qui vient enrichir une bande-originale revisitant et tranformant complètement la musique de Gainsbourg.
Et puis je peux pas m'empêcher, parce que Gainsbourg, pour moi, c'est notamment cette chanson:
Serge Gainsbourg "Ballade de Melody Nelson" tilidom.com